Constance et fidélité
Le sous-débat médiatique du moment consiste à imaginer que des figures de la Majorité présidentielle pourraient prétendre à présenter leur candidature aux élections présidentielles de 2012. Si la sphère médiatique polémique, c’est aussi parce que ces mêmes hommes font tout pour aiguiser ses appétits.
Qu’ils aient du talent, chacun le reconnaîtra selon leur valeur. Ce qui de mon point de vue n’est pas acceptable, c’est que l’expression de leurs petites ambitions intervienne à une période aussi importante pour la France où tous les efforts devraient se concentrer dans le soutien aux réformes indispensables à mener en vue de lutter contre les déficits abyssaux que notre pays supporte chaque jour davantage. Si comme ils le prétendent, ils travaillent pour les Français, leur rôle est de soutenir et d’apporter une plus-value aux projets du gouvernement pour les enrichir. Se poser en alternative pour une élection dont les contours ne sont cernés aujourd’hui par personne n’a aucun sens.
Alain Juppé faisait partie de ces politiques que j’appréciais énormément pour sa constance et sa hauteur d’esprit. Une prise de position démagogique sur des propos du Pape il y a quelques mois et ses récentes interviews médiatiques me laissent sceptique sur les chances qu’un homme, à qui on a laissé sa chance plusieurs fois par le passé, puisse incarner l’avenir.
Certains gagneraient à se souvenir de deux maître-mots, guides des pas de toute personne qui s’engage en politique : constance et fidélité. J’entends aujourd’hui certains de ceux qui soutenaient Nicolas Sarkozy de 2002 à 2007, lors de son ascension politique et de sa popularité dans les sondages, remettre en question les réformes engagées, gagnant ainsi les faveurs des journalistes, trop contents de pouvoir trouver un ou deux parlementaires « frondeurs » parmi la grande majorité de soutiens.
Je pense que la principale qualité d’un élu, ce doit être la constance dans ses idées et ses engagements. Que des débats existent entre les membres de la Majorité présidentielle, c’est normal et même souhaitable si on ne veut pas se retrouver dans un parti sans âme et monolithique. Que ces débats se fassent sur la place publique et dans les médias, comme celui d’Alain Lambert sur RTL il y a quelques jours, c’est inacceptable, même s’il regrette de ne pas faire partie du gouvernement.
A ceux qui doutent, je leur propose de regarder dans le rétroviseur et de se souvenir de la Présidence de Jacques Chirac et de toutes les critiques qu’eux mêmes pouvaient porter sur un homme n’ayant jamais été le leader politique dont la France avait besoin.
Pour la première fois depuis bien longtemps, un président de la République tient du mieux qu’il peut les promesses faites pendant sa campagne. C’est assez rare pour être souligné, rappelé et soutenu.


Passant par ici
avril 17, 2010Proposer une alternative en matière de projets à Nicolas Sarkozy n’est pas une hérésie contre l’UMP. La majorité a plusieurs voix, elles doivent se faire entendre cher Olivier
Alexandre
avril 17, 2010ce sont des mots à inscrire en lettres d’or au dessus de toutes les cheminées des élus !
Jean-Philippe Fort
avril 17, 2010Très cher Olivier. Étant une sorte de vieux en politique ( adhésion au RPR en 79 à 18 ans, puis deux mandats locaux de de 83 à 95, aujourd’hui membre comité de circonscription de la cinquième de l’Essonne, et donc membre du comité départemental de ce même département, je ne peux que souscrire totalement au billet de ton blog. Mais malheureusement, durant toutes ces longues années, j’ai toujours constaté que lorsqu’un animal était affaibli, les hyènes se rassemblaient fréquemment dans l’espoir d’un festin facile. Nous en sommes là. Mais un bon coup de dent de l’animal politique qu’est Nicolas Sarkozy, et le soutien de sa meute dont je m’honore de faire partie, et les hyènes fuiront en courant. Notre Honneur s’appelle Fidélité. Cordialement.
Olivier Rioult
avril 17, 2010Bonjour cher « Passant »,
merci pour votre message.
Relisez mon post, vous l’avez compris de travers.
Que la Majorité présidentielle ait plusieurs voix, je suis bien d’accord et je le défends.
Que certains parlementaires ou élus renient l’engagement qu’ils ont pris en validant le projet législatif et celui de Nicolas Sarkozy de 2007, je l’accepte plus difficilement. Que les mêmes se servent de leurs soi disant différences pour exister médiatiquement, je le trouve scandaleux. C’est la politique me direz vous ? Pas la mienne, celle à laquelle je crois et qui est fondée sur les deux valeurs que je rappelle dans mon article.
En ce moment, les membres de la Majorité sont tous dans le même bateau, il ne s’agit pas de le quitter lorsque la tempête fait rage mais d’être solidaire.
Merci en tout cas pour votre message, à bientot.
Olivier
Pierre
avril 21, 2010Et oui mais c’est bien connu, on suit le vent qui tourne en politique pour toujours avoir quelque chose….c’est bien triste mais c’est ainsi.
En tous les cas, cher ami, merci de le dire.
Sophie
novembre 21, 2010Des récentes déclarations on peut comprendre qu’il n’y a pas de doute quant aux projets de Villepin. Mais somme toute, un combat Villepin – DSK ne redorerait-il pas la cinquième République ?