« Destressez, soyez cool »… et surtout votez !
La semaine dernière, Jean-Paul Huchon (le candidat socialiste aux régionales) et Valérie Pécresse, débattaient sur la chaîne « Public Sénat ». Bien sûr, très peu de gens en dehors des militants des mouvements politiques devaient être assis devant leur poste de télévision à 18h30 dans le but de se forger une opinion sur une élection à laquelle il n’est accordé que si peu d’intérêt. Pourtant, ce débat valait la peine d’être vu. Au delà du débat de fond, où Valérie Pécresse a plutôt pris l’ascendant, une pique de Jean-Paul Huchon m’aura particulièrement marquée : « déstressez, soyez cool » a-t-il lancé à Valérie Pécresse.
L’idée de son invective était simple : alors que la mode chez les politiques de gauche (et même chez certains de droite) est d’aborder ce thème du « déstressage des Français » ou du prétendu besoin qu’ils auraient d’être « rassurés », Jean-Paul Huchon incarnait le gentil calme et serein, et Valérie Pécresse le reflet soi disant anxiogène de Nicolas Sarkozy.
Les Français ont besoin d’être rassurés ?
Rassurés ? Mais que signifie « rassurés » ? Qu’il faut mentir, endormir, travestir la vérité plutôt qu’expliquer l’état réel de notre pays, les réformes et le changement à mener immédiatement pour ne pas que d’éventuelles mesures d’austérité fassent dans quelques années les unes mondiales des journaux sous les mêmes titres que celles que mènent la Grèce ? A la place d’être rassurés, je pense plutôt que les gens ont besoin de sincérité, de franchise. Une franchise et une sincérité qui n’ont malheureusement pas été les marques de fabrique de cette élection.
A mon avis, en voulant sans cesse rassurer à bon compte, on ne fait que renforcer la méfiance des gens à l’égard de la politique.
En finir avec les grandes promesses qui visent à « rassurer »
Quand vous promettez à chaque élection de transformer la vie quotidienne des gens et que systématiquement, ils n’ont pas les moyens d’appréhender de réels changements, il est évident qu’ils se découragent d’aller voter.
Huchon promet d’ériger un bouclier social de la région face à l’Etat. Il a choisi de se dresser comme contre pouvoir de la politique nationale. C’est l’inverse de la réaction d’un élu responsable et honnête vis à vis de ses électeurs. C’est la victoire d’une notion de marketing politique sur un projet politique. C’est ce qui s’appelle faire le choix d’une posture : celle de celui qui rassure, qui protège les Franciliens alors qu’en réalité, il n’en a presque pas les moyens aujourd’hui, et ne les aura plus demain avec la mise en place de la réforme des collectivités locales et la suppression de la clause de compétence générale.
En faisant cela, Jean Paul Huchon, comme d’autres, contribue à la décrédibilisation de l’homme politique et à la fuite des urnes.
Car le rôle objectif de la région n’est pas de prendre la place de l’Etat mais d’exercer les compétences prioritaires qui lui sont confiées, dont celles des transports, de la formation professionnelle, du développement économique, des lycées. Faire une campagne en parlant de la région comme d’un « boucier social », c’est profiter de la méconnaissance des Français sur le rôle de leur collectivité pour leur faire croire des mensonges.
Au final, les mêmes qui se posent en pourfendeurs de l’abstention sont ceux la provoquent.
Pour ma part, pour inciter à voter, je défends le pari de la franchise, de ne pas faire croire aux gens qu’on peut résoudre leurs problèmes quotidiens à coups de promesses électorales, presque en claquant des doigts. Je défends que nous devons assumer le principe d’intervenir moins mais plus efficacement.
Cette élection ne me permettra pas de défendre mes idées dans l’hémicycle régional. Malgré tout, je continuerai de me battre à mon niveau pour mettre plus de responsabilité dans notre société.
Ce que je propose pour lutter contre l’abstention
Trop souvent, j’ai entendu de la bouche d’amis qu’il était inutile d’aller voter pour voter « blanc » puisque ces votes ne sont pas comptabilisés.
Par principe, je reste opposer à l’obligation de vote comme cela existe dans d’autres pays. La responsabilité ne prend son sens que dans la liberté.
Par contre, je suis favorable à ce que les bulletins blancs ou nuls soient comptabilisés et non pas noyés dans la masse de l’abstention. Ce serait une chance pour deux raisons : d’un côté, cela inciterait certains Français à se déplacer pour voter, même si c’est pour exprimer leur mécontentement général à l’égard de la classe politique. De l’autre, compte tenu de l’importance prévisible des votes blancs, les méthodes politiques auraient peut être une chance d’évoluer…
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