Humeur du jour…
Galère quotidienne du RER…
Comme chaque matin, j’ai pris le RER A pour me rendre à mon travail et comme presque chaque matin depuis quelques jours, les mêmes problèmes poussaient péniblement mon train de station bondée en station bondée : frein de secours actionné à Nation, panne d’électricité à La Varenne, etc. Comme la plupart des voyageurs, je prends mon mal en patience.
Au moment où la voix nonchalante de la conductrice annonce qu’elle nous remercie de bien vouloir patienter, comme d’autres, j’esquisse un sourire ironique en me demandant ce que je peux bien faire d’autre à part attendre ? Vers Fontenay, un voyageur de ma rame sort sur le quai et excédé, hurle contre la conductrice et la RATP. Ce n’est bien sûr pas de sa faute, à la conductrice, mais il lui lance, tout haut, ce que beaucoup pensent tout bas : « ras le bol des retards, en plus des grèves, on n’en peut plus. Marre de payer pour un service de mauvaise qualité etc. » Des gens debout à côté de moi sourient ou rient en l’écoutant. Arrivés à Chatelet, des policiers se présentent à une porte de notre rame et demandent au voyageur irrité de descendre pour discuter. L’homme, toujours emporté, essaie de se défendre en expliquant qu’il est déjà en retard mais il n’aura pas raison de leur volonté de faire respecter la loi et le calme des transports.
Bien sûr, sa réaction était exagérée et ce monsieur devait avoir bu un peu trop de café. Mais j’ai été étonné de constater la réaction si rapide de la police pour quelques jurons d’un travailleur à bout, qui finalement n’embêtait pas vraiment les voyageurs alors que plus fréquemment, on doit supporter sans que rien ne se passe les cris ou la musique de groupes d’individus totalement inciviques, qui eux sont vraiment dérangeants.
A vous de juger…
Le « contre pouvoir » des collectivités
S’il y a bien une chose que j’ai du mal à entendre, c’est ce leitmotiv de « contre-pouvoir » que la gauche en général et les socialistes en particulier ont érigé en nouveau principe de gestion de leurs collectivités territoriales. Cette notion me gêne car notre pays n’avance pas uni dans la même direction et que des politiciens, à la tête des régions ou des départements, prennent des décisions médiatiques plutôt qu’utiles pour leurs administrés, parfois en contradiction avec la loi (service minimum dans les écoles par exemple).
Pour eux, Nicolas Sarkozy est le grand méchant Goliath, au budget colossal qui n’aide que les riches. Eux, les Communistes, Verts et Socialistes sont les gentils David qui grâce à leurs pauvres régions ou leurs très pauvres départements – c’est bien connu, seul le département des Hauts-de-Seine est riche – luttent pour que les libertés du citoyen soient sauvegardées.
Il y a quelques jours, en ouvrant mon courrier, je tombe sur une lettre de Monsieur Favier, le président du Conseil général du Val-de-Marne, adhérent du Parti Communiste.
Monsieur Favier a cassé la tirelire du Conseil général du Val-de-Marne, a utilisé l’argent de nos impôts, pour nous expliquer, ou plutôt pour dénoncer, très simplement, que la réforme des collectivités territoriales préparée par l’Etat est une mauvaise réforme et qu’elle conduira à ce que le citoyen perde de nombreux droits, notamment en matière de solidarité. Catastrophe : le département risque d’être un contre pouvoir moins efficace ! Les mêmes qui dénoncent le poids de la dette, le gaspillage de l’argent public viennent nous expliquer que l’Etat se trompe en ayant la prétention de rationaliser l’action des collectivités en supprimant la clause de compétences générales (pour la région et le département) et en réduisant le nombre d’élus.
La réforme des collectivités est une chance pour le fonctionnement administratif de notre pays. Ma seule peur est que le conservatisme des élus en place dans les régions et les départements, de gauche comme de droite, n’y mettent leur veto par peur de perdre le pouvoir politique que leur confère leur collectivité. Contrairement à ce que Monsieur Favier explique, cette réforme est celle de la responsabilité et de la clarté. Malheureusement, l’action de son conseil général sera moins lisible puisqu’il ne pourra plus financer tout et n’importe quoi comme c’est le cas aujourd’hui. Mais cela l’empêchera aussi certainement de dépenser aussi fréquemment notre argent dans des campagnes de communication inutiles telle que celle qu’il vient de mener.
Dernière convention de Valérie Pécresse
Aujourd’hui, c’est la dernière convention de préparation du projet régional de Valérie Pécresse. Depuis septembre, elle aura réunie experts, élus et citoyens sur les sujets de préoccupation majeurs des Franciliens : environnement, formation, logement, puis transports. Des groupes de travail départementaux ont aussi travaillé à ce projet. En septembre, la remise de notre contribution du livre blanc des 35 propositions pour changer le Val-de-Marne a participé à l’alimentation du projet régional.
A l’issue de cette période de réflexion, je garde la conviction que la Région devra concentrer son budget et son action sur ses compétences prioritaires : les transports bien sûr, la formation (lycée et formation professionnelle), le développement économique, et l’investissement pour l’aménagement du territoire par le biais des contrats régionaux et ruraux passés avec les villes de la région.
J’ai bien sûr cherché le projet que présentait la gauche, après avoir co-géré la région pendant 12 ans. Et pour l’instant, il est inexistant. On dirait qu’ils sont seulement très satisfaits de ce qu’ils ont fait pendant 12 ans et que finalement, ils continueront à le faire. Pour eux, bizarrement, les habitants de cette région n’ont pas de problème. A mon avis, ils ne doivent plus prendre les transports en commun depuis longtemps… Encore plus bizarre, le président du groupe des Verts a pourtant dit en séance du Conseil régional il y a deux semaines que le bilan de Jean Paul Huchon pour les transports en commun n’était pas à la hauteur et qu’il y a avait moyen de faire beaucoup mieux…
Quoi qu’il en soit, le temps de la campagne approche et commencera certainement en janvier. J’ai bien conscience que cette élection régionale ne passionne pas les foules mais j’ai justement envie d’aller à la rencontre des gens pour leur expliquer ce que nous voulons faire, ce que nous voulons changer, et les inciter à aller voter. A mon sens, chaque élection est l’occasion de changer les choses, de changer les mentalités, de « mieux faire » de la politique, de réconcilier les gens avec leurs élus. Vivement l’entrée en campagne !
Olivier Rioult | Catégorie: ... au quotidien | Tags: RER A, transports en commun, Val-de-Marne






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