Pour faire redémarrer l’ascenseur social en Ile-de-France

Les ateliers de travail et les débats que nous avons menés dans le Val-de-Marne en vue de notre participation au projet pour les élections régionales touchant à leur fin, le président de la Fédération UMP du Val-de-Marne, Christian Cambon, le Député-Maire de Villiers-sur-Marne, Jacques-Alain Bénisti, et le nouveau secrétaire départemental de l’UMP 94 Jean-Paul Faure-Soulet, organisaient hier soir, jeudi 26 novembre, une convention « Projet » à Villiers-sur-Marne, destinée à faire le point sur chacune des thématiques phares de la campagne : les transports, le développement économique, le logement, l’environnement et la formation. Valérie Pécresse, la chef de file de la Majorité présidentielle pour ces régionales, et David Douillet, nouveau député des Yvelines, étaient eux aussi de la partie.


Nos élus m’avaient confié l’animation de la quatrième et dernière table ronde sur la formation. Dans ce domaine, tout reste à construire. Clairement, la conception idéologique sectaire du développement économique et de la formation portée par les communistes, socialistes et Verts de la Région n’a permis qu’une gestion au jour le jour, sans tracer les contours d’un programme efficace. Pourquoi ? Parce que cette conception considère que l’entreprise n’est qu’un élément négatif, dont il faut faire abstraction dans la mise en place de leur politique. Un exemple concret : en créant un service régional de l’insertion et de la formation professionnelle, le Conseil régional a mis autour de la table tout les acteurs du secteur sauf… les entreprises.
Notre conception de la formation professionnelle, c’est celle de l’efficacité. Pour être efficace, c’est-à-dire pour faire en sorte de respecter le principe qu’une formation doit nécessairement déboucher sur un emploi, le lien entre formation et entreprise doit être restauré.


Convention-projet 94 : Table ronde formation avec O. Rioult
envoyé par Micmac502. – L’actualité du moment en vidéo.



Plus largement, notre objectif doit être de débloquer l’ascenseur social, pas seulement pour les jeunes, mais pour tous les salariés, qui doivent pouvoir bénéficier d’une formation tout au long de leur vie.
Et ce n’est pas qu’un vœu pieux. Des milliers de jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme. Quel est leur avenir ? Celui de pointer jusqu’à la fin de leur vie à l’ANPE ou de jongler entre emploi précaire ou « public assisté » ? Ces jeunes, ils ont un avenir, si on leur apprend un métier. Concrètement, le principal objectif pour la fin du prochain mandat régional sera donc le doublement du nombre d’apprentis en Ile-de-France. Aujourd’hui, nous en avons seulement 75.000 (la gauche avait promis d’atteindre les 100.000 apprentis…).


Si nous parlons de formation, nous devons aussi parler des lycées. Ils constituent une des compétences majeures du Conseil régional. Pour le Val-de-Marne, cela commence par résorber cette fracture scolaire dans notre département du Val-de-Marne, en construisant non seulement de nouveaux lycées, mais surtout les lycées du 21ème siècle, équipés en nouvelles technologies. Valérie Pécresse a proposé samedi dernier d’en faire des « lycées ouverts » : ouverts aux associations, aux jeunes pour des activités culturelles et sportives le soir, le week-end, pendant les vacances. Des lycées ouverts sur la ville, les quartiers avec des cours du soir pour les personnes illettrées, des cours de langues pour les nouveaux arrivants. Qui dit « ouverture » dit aussi « sécurité ». Ainsi, la vidéoprotection devra être renforcée à l’entrée des lycées.


Bref, une page est bien trop courte pour résumer tout ce qu’il y a à dire sur ce sujet passionnant. Mais comme je m’y étais engagé hier soir, voici un bref rappel des chiffres et des propositions dont je vous ai parlé et qui permettront de se faire une idée plus claire de ce qui a été fait, et surtout de ce qui nous reste à accomplir :


Quelques éléments de repère :
o L’Ile de France est largement devancée par les Pays de Loire et Poitou-Charentes avec 6,5% des 16-25 ans en apprentissage contre 4% en IDF.
o 4 diplômes regroupent 2/3 des apprentis: CAP (28%), BEP (13%), BTS (13%) et bac professionnel (11%). L’Exécutif tire-t-il les formations d’apprentissage vers le haut ?


Les observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes sur la politique régionale de formation professionnelle et d’apprentissage (2002-2007) :
o « Les dispositifs sont faiblement lisibles et l’organisation hétérogène des structures d’accueil, d’information et d’orientation ne facilite pas l’accès d’un jeune à l’offre de la Région »

o « La Région n’est pas en mesure de vérifier la réalité des actions de formation entreprises et ne possède aucun élément permettant de savoir si son intervention a effectivement permis de maintenir un emploi ou de favoriser une promotion ».

o « Entre 2004 et 2006, ce sont surtout les niveaux de qualification supérieurs (master, ingénieur) qui ont connu la plus forte augmentation. Or, ces niveaux de qualification ne sont pas privilégiés par la Région ».


Quelques données budgétaires pour l’année 2009:
• les crédits pour financer les actions de Validation en Acquis de l’Expérience (VAE) ont baissé de 10%
• les crédits pour la construction et les travaux dans les CFA ont diminué de 25%
• les crédits pour l’indemnité compensatrice versée aux employeurs d’apprenti-e-s (dispositif d’incitation à l’embauche d’apprenti-e-s) ont chuté de 37%


Les 2 grandes promesses non tenues de la gauche

• Créer un service régional de l’insertion et de la formation professionnelle :

La volonté de créer un service régional de la formation professionnelle a été décidée en séance plénière de juin 2008 c’est-à-dire en fin de mandat !
Ce service régional prend la forme d’une concertation entre des cercles (Décideurs, Prescripteurs, Organismes, Certificateurs…) dont aucun ne rassemble les entreprises !
En somme, il s’agit d’une usine à gaz dont la portée reste confuse et manquant d’effort de lisibilité et de visibilité pour le Francilien.


• Atteindre 100 000 apprentis d’ici à 2010 :

Aujourd’hui, on compte environ 75 000 apprentis dans les CFA.
Depuis 2004, l’Ile-de-France enregistre en moyenne chaque année 3 600 nouveaux apprentis inscrits.
La rentrée 2009-2010 devrait afficher ainsi un nombre d’apprentis équivalent à 78 600 donc bien loin des 100 000 promis.

La situation dans le Val-de-Marne


Les Centres de Formation d’Apprentissage :

Le Val-de-Marne est le département de la région le plus dépourvu en Centres de Formation d’Apprentissage avec seulement 11 CFA alors qu’il y en a 21 dans les Hauts-de-Seine !

Par ailleurs, Jean-Paul HUCHON tire l’offre de formation vers le bas dans le Val-de-Marne puisque les formations de niveau II (Licence…) et I (Master, Ingénieur…) ne représentent que 11% alors que les formations de niveau V (CAP, BEP…) représentent 45% et 24% pour les formations de niveau IV (Bac Pro…) et III (BTS, DUT…).

Cela signifie qu’un jeune valdemarnais n’a généralement pas la possibilité d’élever son niveau de formation dans les lieux de formation implantés dans le Val-de-Marne ! Où est l’égalité des chances tant défendue par Jean-Paul HUCHON ?

L’offre de formation dans le secteur de la mécanique aéronautique et spatiale et du développement durable manque cruellement dans notre département alors que nous disposons d’un vivier d’emplois avec le pôle d’Orly- Rungis et les aménagements qu’il faudrait réaliser pour améliorer le cadre de vie !


Les missions locales (16 à 25 ans) :

Le Val-de-Marne compte 10 Missions Locales et 13 antennes qui permettent aux jeunes de disposer d’un maillage plutôt satisfaisant par rapport aux autres départements de la petite couronne.

Cependant, il conviendrait de renforcer ce maillage en construisant des antennes dans les villes qui n’en disposent pas et notamment dans les villes de droite ! 1 seule Mission Locale se situe dans une ville de droite !

Mes 5 propositions


1. Construire au moins 5 nouveaux CFA – respectant les normes HQE – offrant des formations ayant en lien avec le potentiel économique du Val-de-Marne : mécanique aéronautique et spatial, formations sanitaires et sociales, développement durable …


2. Ouvrir des formations du niveau V à I, si possible dans le même CFA


3. Faire que 20% de l’offre de formation soit de niveau I et II (master, licence) : nous devons donner aux jeunes qui viennent d’avoir leur bac pro les outils nécessaires pour créer leur propre entreprise.


4. Augmenter l’offre de formation dans les métiers de la mécanique aéronautique et spatiale et du développement durable


5. Renforcer le maillage des Missions Locales et leur visibilité auprès des jeunes en recherche de formation



Merci à Marie-Eve pour la vidéo !

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