Ma contribution au débat sur l’identité nationale

L’identité nationale : la définition du « Vivre ensemble

marianneCe débat national est nécessaire. Il doit être l’occasion de redéfinir le « vivre ensemble » de la France, à un moment où des identités communautaires prennent parfois le pas sur celle de la Nation.


J’ai toujours été passionné par ce thème de l’identité française, sur ce qui peut faire que des personnes aussi différentes qu’un Français de 15 générations et un Français « naturalisé » puissent partager des valeurs communes.

Qu’on l’accepte ou non, la France est faite de riches, de pauvres, de Blancs, de Noirs, de Catholiques, de Protestants, de Musulmans, ou encore de personnes que tout peut sembler séparer d’un point de vue culturel, compte tenu des multitudes de parcours personnels.


Oui, la France est faite d’une somme de communautés.

Mais une somme de communautés définit-elle une nation ? La réponse est non.


Je ne crois pas en cette « République multiculturelle » que certains veulent nous dépeindre. Certes, les différences enrichissent le dialogue, le respect mutuel, la réflexion et la connaissance personnelle, mais pas la capacité à se rassembler et à avancer collectivement.


L’identité française donne et doit redonner une fierté, et donc une raison commune à des millions de Français de pouvoir partager ensemble une même cause, un même combat, un même amour. Définir l’identité française, c’est résumé ce qui peut nous permettre à nous, dans nos différences, de vivre en communauté.


Définir cette identité, aller au bout de ce débat, c’est restaurer une valeur oubliée du pacte républicain : la Fraternité.


Quand l’élite médiatique n’est pas à la hauteur
Samedi soir, devant ma télévision, j’étais interloqué d’entendre une « chanteuse » et un journaliste dire que ce débat sur l’identité nationale n’avait pas de sens et que ce qui intéressait les gens, c’était « avoir un travail » et « trouver un logement ». Je me suis demandé à quel point ces « bobos » prenaient les Français pour des idiots ! Penser qu’ils doivent simplement manger, dormir et se reproduire, sans même avoir à penser, à réfléchir, montre une fois de plus le décalage entre l’élite médiatique et les « gens ».


Même si je trouve que ce débat aurait pu être mieux préparé, je pense qu’il est plus que jamais nécessaire.


Pourquoi ?


Parce que notre pays souffre d’une crise des valeurs,

parce que l’individualisme gagne du terrain,

parce que des personnes qui sont françaises sur leur état civil ne le sont pas dans leur cœur, parce que le politique n’a pas su tracer les contours du vivre ensemble,

parce qu’une multitude de gens se posent la question de savoir si la France a la capacité d’intégrer des vagues d’immigration successives.


Je l’ai déjà dit sur ce blog : je ne pense pas que la politique se résume à définir des objectifs économiques et sociaux. Elle doit proposer de grands desseins aux Français, des routes à emprunter. L’identité nationale en fait partie.


Dans ce débat, les professions de foi sont importantes et nous pouvons d’ailleurs en lire de nombreuses sur le site Internet lancé par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Eric Besson. Mais pour ma part, ce que j’attends, ce sont de réelles mises en œuvre, des propositions concrètes, sans quoi, tout ce bruit n’aura servi à rien.


L’âme de la France, la source de notre identité commune
Une Nation se construit à la fois sur un projet pour l’avenir et sur une histoire partagée. Nul besoin que ses ancêtres soient nés en France pour s’approprier les valeurs de cette histoire.


L’homme de Cro-Magnon de Dordogne, les tribus gauloises, le baptême de Clovis, les rois de France, l’Eglise, les philosophes des Lumières, la Révolution française, Napoléon, les héros de la Grande Guerre, la résistance, la France incarnée par De Gaulle pendant l’Occupation : ce sont autant d’hommes, de destins et d’évènements qui ont forgé l’âme de la France, des siècles d’histoires qui ont façonné le visage que nous lui connaissons.


Elle nous sert non seulement d’expérience pour améliorer notre avenir mais de socle commun pour partager un idéal.


Cet amour pour la France, encore faut-il l’expliquer et le partager pour le faire comprendre. Sans connaître par cœur l’histoire de France, je pense que la première chose qu’un Français ou qu’un aspirant à la nationalité française doit savoir, c’est que des hommes et des femmes ont donné leur vie pour cette idée de liberté, d’égalité et de fraternité soit ce qu’elle est aujourd’hui. Le 11 novembre, le 8 mai et le 14 juillet nous le rappellent trois fois dans l’année. Aimer la France, s’intégrer à son identité, c’est connaître et respecter ce qui symbolise ce sacrifice et cette histoire : notre drapeau tricolore, notre hymne nationale, notre langue, notre patrimoine naturel et culturel.


Mes propositions pour s’imprégner de l’identité française
Pour faire du respect de l’identité française une réalité, nous ne pouvons nous contenter d’en donner sa définition. Il nous faut restaurer le « vivre ensemble », le don de soi par le service de son pays, la prise de conscience de la chance de vivre en France et d’être Français.


Je ne reviendrai pas sur ce qui a été mis en place par le biais du contrat d’accueil et d’intégration en 2006 qui va dans le bon sens. L’idée de ce dernier point est seulement de soulever deux propositions qui me tiennent particulièrement à cœur et concourraient à réaliser cet objectif :


- un service civique obligatoire dès 18 ans

- la fin d’une nationalité française automatique.


Une des plus grandes erreurs de Jacques Chirac aura été de supprimer le service militaire. Bien loin de moi l’idée d’être contre une armée professionnelle. Mais par ce choix, par la volonté de se mettre l’électorat jeune dans la poche, il n’a fait que contribuer à anéantir chez une partie de la jeunesse un sentiment, au mieux d’incompréhension, au pire de désintérêt total de l’idée de la Nation. Alors que ce service avait besoin d’être restauré, il a choisi la solution de facilité en le supprimant.


Pourquoi est ce que je pense que ce service était une bonne chose ?
Naître ou vivre en France est une chance. Malgré le chômage qui nous guette, malgré les problèmes de logement, de précarité…, vivre en France est une chance que le monde nous envie, non seulement parce que nous vivons dans un pays libre et démocratique mais aussi parce qu’il est prospère. Malgré tout ce que certains peuvent dire ou veulent faire croire, la solidarité et l’aide aux plus démunis n’ont jamais été aussi fortes dans notre pays qu’aujourd’hui alors que le « Vivre ensemble » et le sentiment d’appartenance n’ont jamais été aussi faibles, faisant place à ce qu’on appelle le « communautarisme ».


Le service militaire était à la fois un des derniers remparts contre les préjugés envers l’autre, le dernier lieu de mixité sociale pour jeunes adultes, le lieu d’apprentissage des valeurs patriotes et du don de soi par le service.


Rendre en partie à notre pays ce qu’il nous offre en le servant pendant un an de sa vie n’est pas désuet.


Le service civique obligatoire que j’imagine serait effectué à la fois par les jeunes hommes et les jeunes femmes, à l’armée ou dans une grande association nationale reconnue d’utilité publique comme La Croix rouge. A l’issue de ce service civique, une cérémonie de remise de la nationalité française aurait lieu. Elle serait une forme de passage d’étape de l’âge adolescent à l’âge adulte.


En effet, je ne pense pas que l’attribution de la nationalité française doit être automatique, non seulement pour ceux qui naissent sur notre territoire de parents étrangers, mais aussi pour ceux dont les parents sont Français depuis plusieurs générations. Faire prendre conscience de la chance d’être Français, ce n’est pas remettre par le biais de l’administration un morceau de papier rectangulaire qui ne restera au final qu’un acte administratif, incompris dans sa valeur symbolique.


Au final, ce dont je rêve, c’est que la France, grâce à une identité partagée, ne soit plus jamais sifflée ou insultée mais aimée ou au moins respectée par tous ceux qui ont la chance d’y vivre.

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