Interview dans « Première Heure », bihebdomadaire régional – « Olivier Rioult remet un cahier blanc de 35 propositions à la candidate UMP Valérie Pécresse »

Pour le responsable des Jeunes Populaires, la région doit rationaliser son action

A noter : Cette interview a été réalisée avant mon passage de flambeau de responsable des jeunes de l’UMP du Val-de-Marne

Cliquez ici pour lire l’interview sous son format original

Version complète :

1) Vous dites que la région Ile-de-France est un « colosse aux pieds d’argile ». Pourquoi ?

Le président actuel du Conseil régional est à la tête d’une collectivité ayant à répartir 4,5 milliards d’euros par an, en plus d’un budget de 4 milliards d’euros consacrés aux transports franciliens (Syndicat des Transports d’Ile-de-France). Pour parler plus concrètement, il faut imaginer qu’il est assis au bureau de direction d’une des plus grandes régions d’Europe et du monde, avec un potentiel d’investissement colossal.

Et pourtant… en 12 ans, qui est capable de citer une seule grande réalisation de la région Ile-de-France ? Un seul grand projet abouti ? Rien n’a changé, hormis l’augmentation des impôts de 60% pour le contribuable, le matraquage fiscal des petites entreprises, la galère quotidienne des transports, et le parcours du combattant du jeune en formation professionnelle, et à la recherche de son premier emploi.

Quand j’entends que certains responsables politiques de gauche parlent d’un bilan plutôt positif, à part la réussite des campagnes coûteuses de communication et l’organisation des multiples cocktails rue de Barbet de Jouy dans le 7ème arrondissement de Paris, je ne vois vraiment pas de quoi ils parlent.

Si la gauche a échoué, ce n’est pas parce qu’elle est plus bête que la droite, mais parce que la coalition communiste, verte et socialiste a obligé son président à jongler entre le sectarisme des uns et la surenchère des autres, ce qui a inévitablement conduit à un statu quo de l’action régionale, additionné à un manque de leadership et de volontarisme flagrant de celui qui est censé la diriger. Je prends un exemple parlant : est-ce honnête de la part du président de Région de dire à ses administrés qu’il prend le problème des transports en commun à bras le corps… à moins d’un an des élections régionales ! Quand on est président de région depuis 12 ans, c’est inacceptable et c’est prendre les Franciliens pour des idiots.

Aujourd’hui, ce dont l’Ile-de-France a besoin, c’est d’un véritable leader, pas d’un gestionnaire qui confie la réalisation des tâches quotidiennes à ses directeurs d’administration.

2) Comment avez-vous élaboré les 35 propositions de votre Cahier blanc pour les régionales?

En janvier dernier, nous avons lancé une opération intitulée « Cap sur l’Ile-de-France ». Son concept est simple : cinq ateliers de travail pilotés par des jeunes de l’UMP du Val-de-Marne qui ont planché sur les principaux domaines d’action du Conseil régional.

Autour de nous, nous avons cherché à interroger nos familles, nos amis, nos voisins et avons cherché à examiner les problématiques franciliennes par le prisme de la jeunesse et du Val-de-Marne. Nous n’avons jamais eu l’ambition de réaliser un essai technocratique – d’autres le feront bien mieux que nous – mais plutôt de nous servir de nos expériences de vie pour mettre en forme ces propositions.

Pourquoi cinq et pas dix ou quinze ateliers de travail me direz-vous ? C’est la base de mon raisonnement. Aujourd’hui, la Région intervient sur tout et n’importe quoi, et trop souvent dans des domaines trop éloignés de la vie quotidienne des Franciliens. C’est pourquoi j’ai la conviction que pour être plus efficace, elle doit rationaliser son action, concentrer ses efforts sur les transports en commun, la formation professionnelle, les lycées, le développement économique et la poursuite de grands projets d’aménagement du territoire avec son volet environnemental. Un chiffre simple illustre parfaitement la situation : de 80 millions d’euros de subventions versés aux associations au début du mandat du président actuel, le Conseil régional est passé à 580 millions d’euros aujourd’hui. Je n’ai rien contre le tissu associatif mais ce qu’il faut, c’est utiliser ces crédits pour construire de nouveaux CFA, financer de nouvelles filières d’apprentissage, rénover le matériel roulant, etc. Ce que la majorité de gauche de ce Conseil oublie, c’est que l’argent qu’il dilapide, est celui des impôts des Franciliens. 1 euro dépensé doit être 1 euro efficace.

3) Comment ces 35 propositions pourront-elles être prises en compte par la candidate aux régionales, Valérie Pécresse ?

Dimanche dernier, la fête de l’Ile-de-France à la Halle Freyssinet marquait le lancement de campagne de Valérie Pécresse. C’est à cette occasion que nous avons remis à notre candidate ce cahier blanc de nos propositions. Elle nous a dit qu’elle allait l’examiner attentivement et nous lui faisons confiance. La démocratie interne fonctionne à l’UMP : Valérie Pécresse vient tout juste d’entamer une période d’écoute et de débat pour l’élaboration de son projet. L’anticipation de cette période dès janvier dernier par les Jeunes Populaires du Val-de-Marne, le fait d’être des précurseurs sur les idées et les propositions est une des forces qui fera que nous serons entendus. Lors des réunions régionales, nous avons aussi proposé que chaque fédération fasse remonter un cahier blanc à la candidate.

Mais nous n’allons pas nous reposer sur ces lauriers. Lors des conventions thématiques organisées par Valérie Pécresse, nous mettrons un point d’honneur à défendre les mesures qui nous sont chères. Je sais aussi pouvoir compter sur le soutien de jeunes élus qui nous ont encouragés dans notre action comme Olivier Capitanio (Secrétaire départemental adjoint), ou Bruno Tran (Conseiller général), ainsi que Christian Cambon (le président de la Fédération UMP du Val-de-Marne) et Jacques Martin (président du groupe UMP au Conseil général). En tant que responsable des jeunes de l’UMP du Val-de-Marne, et dans un second temps, à titre personnel, je vais me battre pour que nos propositions soient retenues. J’ai bien conscience de faire partie de la catégorie des « jeunes », d’être neuf dans le milieu politique et donc, d’avoir une expérience plus fraîche, mais j’ai aussi ce que certains perdent ou parfois oublient, au fil des années : l’envie et la foi en mes convictions et en mes propositions. Comme on dit que la foi peut déplacer des montagnes… Si une seule de nos propositions est retenue, ce sera une victoire.

4) Parmi vos propositions – « Pour un conseil régional irréprochable » – vous préconisez une « baisse des impôts régionaux de 10% en 2 ans en faveur des entreprises et des particuliers ». Comment faire?

Cela tient en deux points, très simples : cesser le gaspillage et recentrer l’action de la région vers ses compétences de base, celles que nous traitons dans les cinq ateliers de notre cahier blanc. Non seulement nous parviendrons à baisser les impôts régionaux de 10% en deux ans, mais nous dégagerons aussi des économies pour investir dans les domaines prioritaires tels que les transports en commun. D’un point de vue plus large, une révision générale des politiques régionales (RGPR) doit avoir lieu. Je milite en ce sens. Ne tournons pas autour du pot, les débats se suivent et se ressemblent depuis de nombreuses années sans qu’aucune initiative ne soit prise. Aujourd’hui, le Département ou la Région ont le droit d’intervenir dans n’importe quel domaine. L’équation est simple : les collectivités multiplient les interventions pour tout et n’importe quoi, ce qui engendre inévitablement des surcoûts en matière de communication. Supprimons la clause de compétence générale des collectivités, mettons de l’ordre dans ce fouillis administratif, permettons aussi aux citoyens de savoir qui fait quoi. Grâce à cette rationalisation de l’action publique, alors, une baisse des impôts régionaux sera possible. Une telle mesure, c’est donner un coup de pied dans la fourmilière : oui, des associations risquent de monter au créneau, oui, les immobilistes et les conservateurs trouveront des arguments à la pelle pour maintenir le statu quo, mais encore une fois, nos choix ne doivent être guidés que par une seule ligne : celle de l’intérêt général. Il s’agit ici de courage politique que de dire aux Franciliens pendant cette élection : souhaitez-vous une Ile-de-France plus forte, plus efficace ? Et bien, nous ne nous engagerons pas sur des thèmes qui ne sont pas ceux qui concernent nos compétences de base.

Mais vous savez, je vais être franc, la baisse des impôts de 10%, sur un an, ce ne sont que quelques euros de gagné par an pour un Francilien. Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est que l’addition de cette politique volontariste, non seulement sur le long terme mais en plus à chaque niveau de l’administration permettra un retour conséquent pour le contribuable, dans un pays comme le nôtre où les prélèvements obligatoires atteignent des records. Mon créneau, c’est « faisons du Conseil régional une collectivité exemplaire ».

Un dernier mot puisque vous me posez une question sur le Conseil régional irréprochable. Sans faire de démagogie ou tomber dans les idées toutes faites véhiculées par ceux qui font le jeu des extrêmes, je pense qu’il faut rapprocher les Conseillers régionaux de ceux qui les élisent. Dans ce cahier blanc, j’ai voulu qu’on aborde d’une manière différente la politique, qu’on fasse perdre à l’élection régionale le goût fade qu’elle avait eu en 2004. J’ai toujours pensé que les élus se doivent d’être des modèles de franchise et de bonne conduite. C’est mon idéal, je me suis engagé en politique pour cela. C’est pourquoi, je propose que les candidats de la Majorité présidentielle signent une charte de bonne conduite avant l’exercice de leur mandat.

Changer c’est non seulement possible, c’est surtout indispensable.

5) S’agissant des transports, vous préconisez la généralisation de la vidéo protection aux abords des lieux de transports les plus criminogènes ». Sera-ce efficace?

Toujours plus efficace que de ne rien faire ! En matière de sécurité, je tiens à rappeler que la droite régionale a permis de nombreuses avancées pour la police des transports, notamment grâce à l’action de Roger Karoutchi et des élus du groupe UMP. La vidéo-protection fait ses preuves. La semaine dernière encore, je passais la soirée avec un groupe de jeunes dont trois d’entre eux avaient déjà été agressés aux abords de différentes gares de RER dans le Val-de-Marne. Notre proposition se base sur ces faits de la vie quotidienne, sur du vécu. Lors d’une agression, la police a beaucoup plus de chance d’interpeller un délinquant s’il a été filmé. De plus, la vidéo-protection a un effet préventif et rassurant car elle contribue à la préservation des libertés publiques. Alors bien sûr, une caméra n’arrêtera pas les délinquants les plus déterminés et pour ne pas faire dans la langue de bois, j’attends plus des élus, qui devraient appeler plus souvent au comportement citoyen des uns et des autres. Plutôt que de tourner la tête, appeler la police quand on est témoin d’une agression, ou s’interposer à plusieurs, c’est sans doute la mesure la plus efficace.

6) Pour l’école, vous proposez la création de cyber-lycées. Comment voyez-vous cela?

L’idée est de mettre en place un véritable lycée du 21ème siècle. Imaginez : chaque lycéen travaille sur un ordinateur, est connecté en réseau dans la salle de cours et recherche des ouvrages dans la bibliothèque numérique de son établissement ; le professeur rend ses copies sous format numérique, présente son cours sur un tableau numérique interactif. Internet est une véritable source d’informations que les Jeunes doivent aussi apprendre à maîtriser au lycée. Le lycée numérique n’est pas une utopie. Dans certains pays comme la Finlande, c’est déjà une réalité. En Ile-de-France, première région française, nous peinons à modernise les façades de nos lycées ! Un ordinateur pour trois lycéens est disponible. Nous devons passer au un pour un. La modernisation des lycées, c’est aussi cela, et pas seulement offrir une clé USB aux lycéens avec un logo de la Région…

7) Pour le développement économique régional, vous voulez faire du Val-de-Marne la « petite Norvège » de l’Ile-de-France. Qu’est-ce à dire?

En parlant de « petite Norvège », je fais référence, plus largement, aux pays scandinaves qui sont connus et reconnus dans le monde entier pour leur implication politique et citoyenne dans la préservation d’un cadre de vie respectueux de l’environnement. C’est aussi une femme politique norvégienne qui, à la fin des années 80, a donné la définition du développement durable ! Je la cite : « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

C’est cet esprit qu’il faut importer en Ile-de-France et particulièrement dans le Val-de-Marne. Je veux que notre département soit exemplaire en matière de développement durable. Cela implique un changement d’état d’esprit : en misant sur les atouts du pôle d’Orly-Rungis (deuxième plus important bassin d’emplois en Ile-de-France avec 60.000 emplois), la santé, les hautes technologies dans la Vallée de la Bièvre et les filières d’avenir comme les entreprises de recherche, d’import export et les services à la personne, le développement économique serait à la fois ambitieux et juste.

Faire du Val-de-Marne la « petite Norvège » de l’Ile-de-France, c’est faire le pari de l’environnement et du développement durable. On sait que ce n’est plus un pari risqué, il faut maintenant s’y engouffrer sans hésitation puisqu’il constitue un vivier d’emplois sans précédent. Quand la gauche décide d’exclure les entreprises (PME et PMI) du dispositif des « Contrats Verts » par idéologie, c’est le refus de l’alliance développement économique et durable. Nous devrons revenir sur cette décision, mais aussi inciter les entreprises à investir et embaucher dans le domaine du développement durable par l’exemption de la taxe professionnelle régionale par exemple.

Le Val-de-Marne doit aussi apporter sa contribution aux efforts communautaires dans le cadre du « paquet Energie-Climat ». Il faut que le politique prenne à bras le corps cette problématique et ainsi que les collectivités territoriales apportent leur pierre à l’édifice. Je souhaite que les équipements en énergies renouvelables se généralisent avec l’appui inconditionnel du Conseil Régional qui devra mettre en place un plan Climat ambitieux avec des objectifs chiffrés et des aides aux entreprises (PME, PMI, TPE) qui s’engagent dans cette voie.

8 ) Par ailleurs vous souhaitez l’exemption de taxe professionnelle régionale pour les entreprises réalisant des embauches ou des investissements en faveur du développement durable. Comment faire?

Le développement durable ouvre l’opportunité de créer des milliers d’emplois tout en sauvegardant notre planète. Je souhaite que les entreprises existantes et nouvelles se tournent davantage vers les filières d’avenir. Nous parlions à l’instant de faire du Val-de-Marne la « petite Norvège » de l’Ile-de-France, il se trouve que beaucoup d’entreprises scandinaves, et notamment norvégiennes, sont spécialisées dans la fabrication d’équipements électriques, de voitures électriques, d’équipements pour l’énergie solaire…

La création d’une pépinière d’entreprises de ce type pourrait booster l’attractivité économique du Val-de-Marne, c’est l’objet de ce que nous avons appelé le « plan rush ». Nous proposons donc l’exemption de la taxe professionnelle régionale pour ces entreprises, et plus généralement de celles réalisant des embauches ou des investissements en faveur du développement durable.

9) S’agissant d’environnement, vous voulez lancer un plan d’aménagement des bords de Marne et de la Seine pour en faire des coulées vertes et bleues. Pouvez-vous préciser?

Il est nécessaire de développer les liaisons de circulations douces, piétons/cyclistes, non seulement pour offrir des espaces agréables aux Franciliens, mais aussi pour aller vers moins de déplacements polluants et plus de déplacements propres. Mais pour cela, encore faut-il que les voies soient adaptées : aujourd’hui il est dangereux de se déplacer sur certains bords de Marne en vélo du fait de la circulation des véhicules. Si à certains endroits, ils sont des havres de paix, propices à la détente pour de nombreux Val-de-Marnais, dans d’autres, ils sont tout simplement repoussants et n’engagent pas à la promenade.

Nous proposons à Valérie Pécresse que le Conseil régional soit porteur d’un grand projet d’aménagement du territoire, en partenariat avec les villes concernées : un plan d’aménagement des bords de Marne et de Seine. A terme, ils devront être transformés : une partie promenade à pied, au bord de l’eau, une autre réservée aux sportifs (joggeurs, rollers, vélos). Elle sera aussi accessible aux personnes en fauteuil roulant. Le tout sera encadré de verdure. Et nous voyons ce plan d’aménagement encore plus grand : nous proposons de réaliser la continuité entre les coulées vertes déjà existantes et d’accélérer la réalisation du projet de coulée verte de l’interconnexion des TGV. Les activités nautiques et de promenades en bateau pourraient aussi être démocratisées. Ces engagements répondent à la volonté d’améliorer la vie quotidienne des Val-de-Marnais, dont les moments de repos font partie.


3 commentaires to “Interview dans « Première Heure », bihebdomadaire régional – « Olivier Rioult remet un cahier blanc de 35 propositions à la candidate UMP Valérie Pécresse »”