Trop d’élections tue l’élection
⊆ 26 février par Olivier Rioult | ˜ Aucun commentaire »Mai 2007 : élections présidentielles,
Juin 2007 : élections législatives
Mars 2008 : élections municipales et cantonales
Mai 2009 : élections européennes
Mars 2010 : élections régionales
Mars 2011 : élections cantonales
2012 : la boucle est bouclée avec les nouvelles élections présidentielles et législatives
La succession annuelle des élections a deux incidences graves sur la vie publique : elles blasent les Français et parasitent la conduite rigoureuse de la politique gouvernementale.
Les Français ont-ils conscience des enjeux de chacune des élections que je citais plus haut ? Posez la question à une dizaine de vos proches. Très peu seront capables de vous parler des compétences des collectivités départementales ou régionales ou des conséquences de leurs votes à l’occasion de ces élections.
En cinq ans, nous votons six fois. Pour une commune comme Ormesson, cela représente par exemple une dépense de 16.360 euros de frais de personnels. Au-delà d’un gaspillage d’argent, la plupart de ceux qui iront voter le feront certainement davantage pour accomplir leur devoir de citoyen que dans l’espoir d’un changement sur des thématiques clairement identifiées.
Rationaliser la vie politique pour la rendre plus intéressante
La rationalisation de la vie politique :-sa meilleure organisation pour une meilleure compréhension par nos concitoyens et une garantie de l’irréprochabilité de nos élus – est un des fondements de mon engagement.
Je pense que dans un premier temps, nous devrions différencier deux types d’élections : les locales et les nationales.
Au-delà de l’aspect pratique et des économies substantielles réalisées, les électeurs auraient une vision à la fois plus simple et plus cohérente des enjeux.
Nos responsables politiques se plaignent du désintérêt des citoyens pour la politique. Mais quelles sont leurs solutions à part le statu quo ?
Aux changements progressifs freinés par les conservatismes, je reconnais être assez souvent partisan des ruptures et des électrochocs qui seuls peuvent faire prendre conscience aux gens des véritables enjeux qui sont liés non seulement à leur existence mais à celle de notre communauté nationale.
A la place de six élections directes, nous n’en aurions plus que deux.
Comme cela se pratique déjà dans d’autres pays, tels que les Etats-Unis.
Les élections nationales
Selon mon idée, les Français voteraient le même jour pour les présidentielles et les législatives. Inévitablement, cela effacerait davantage la visibilité de nos députés. Même si j’ai bien conscience que c’est une forme d’hérésie que d’écrire de tels propos pour les grands défenseurs de l’esprit de la constitution de la Vème République, j’ai la conviction que ce système serait moins hypocrite vis-à-vis des électeurs puisque la pratique institutionnelle fait du président de la République le leader de la Majorité. Le slogan des députés sarkozystes en 2007 n’était il pas : « Donnons une majorité à Nicolas Sarkozy »
Au delà même de notre constitution, les conservateurs en tout genre auront mille raisons techniques de dire que cette idée est inapplicable puisque si l’Assemblée est dissoute, une élection législative intermédiaire aurait lieu. La Vème République doit elle s’achever ? Le sera est vaste et je prendrai le temps de l’évoquer dans un autre post…
Les élections locales
Les élections municipales, avec les présidentielles, sont celles qui intéressent le plus les Français. Les deuxièmes touchent à leurs convictions, leurs idéaux, les premières à leur quotidien.
Si demain j’avais le choix de , je choisirai de fondre. N’en déplaisent aux présidents de Conseils généraux et régionaux, le soi-disant attachement des Français aux régions et aux département qu’ils portent en bandoulière n’est qu’une fiction. Les Français sont certes attachés à un territoire identifié, à une culture, une identité. Pas à l’institution régionale et générale. Les missions du département et de la région, même si elles sont méconnues, touchent aussi aux problématiques quotidiennes. Grâce à la réforme des collectivités territoriales, nous devrions « gagner » une élection. Les conseillers territoriaux (regroupant départements et régions) seront élus en même temps. Je pense qu’il serait cohérent d’organiser le même jour les élections municipales et les élections territoriales.
Les européennes
Harmoniser les échéances européennes et nationales viendrait à casser le travail pédagogique entamé depuis de nombreuses années. Sans avoir un avis tranché, je constate que l’intérêt des Français pour les élections européennes reste faible.
Dans le fond, ce que je souhaite, c’est que nous puissions avoir des cycles politiques de cinq années, identifiés par deux grandes séquences : le débat national puis le débat local. La vie politique en sortirait grandie. Les partis politiques, plutôt que d’être sans cesse dans la préparation de l’éphémère, de la prochaine élection, porteraient alors des projets à moyens et longs termes.
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